Electric Artyland au Bikini (31) le 13 avril 2011 : MLCD + Ghinzu

Soirée belge au Bikini, voici de quoi intriguer. Car on ignore souvent qu’il y a d’excellents groupes de rock en Belgique – et en France, d’ailleurs. Mais on ne les entend pas souvent à la radio, d’abord parce que c’est du rock indépendant, pas de la variété genre la Nouvelle-Star-Académ-Glee. Et ensuite parce qu’ils chantent surtout en anglais, langue honnie de Jacques Toubon, Ministre de la Culture sous Chirac, qui a fixé un quota pour les chansons en langue étrangère diffusées à la radio française et ainsi ouvert la voie à la nunuchisation totale de la musique populaire en France. Mais je m’égare.

Le Bikini. Voilà. C’est une petite salle cachée dans une zone technologique (parmi ses voisins se trouve Microsoft France) à la bordure de Toulouse. Elle a une réputation totalement méritée d’être ZE endroit pour découvrir de nouveaux talents et – parfois – voir des musiciens mondialement connus sauf en France, merci Toubon. Enfin, je ne devrais pas me plaindre d’avoir pu admirer les talentueux gars de My Chemical Romance de si près qu’on aurait presque pu faire collection des postillons du fort mignon Gerard Way. Mais je m’égare encore.

Ce soir-là, il était donc question de Belges. Sur trois groupes, deux valent qu’on parle et reparle d’eux : MLCD et Ghinzu.

MLCD (My Little Cheap Dictaphone) ont étonné plus qu’un, avec une présentation multimédia de leur oeuvre (un seul album pour l’instant, apparemment, qu’ils ont joué en entier). Oeuvre, parce qu’il s’agit d’un album « concept » où la musique est accompagnée par une vidéo projetée sur un écran au fond de la scène. Leur univers est assez sombre, mais cela n’empêche pas de rocker comme des pros, car en plus d’être d’excellents musiciens avec de bonnes chansons à partager, ils savent comment mettre de l’ambiance dans un show. C’était une découverte très agréable pour beaucoup, et il y a eu de l’affluence à leur petit stand de merchandising. Leur album A Tragic Tale of a Genius s’arrachait, aussi bien en CD que vinyle. J’ai fait dédicacer le mien, me demandez pas de vous le prêter, il est précieux. Vous pouvez écouter quelques morceaux sur MySpace ou Facebook. Ils citent beaucoup de musiques disparates comme influence (à mon avis il ne manque que Danny Elfman) ; toutefois leur son est déjà bien à eux et ils méritent largement le détour. MLCD. A retenir.

Passons ensuite, déjà contents de la soirée, aux amuseurs suivants. Et pas des moindres, car les têtes d’affiche, un talentueux quintuor de tarés Bruxellois au nom collectif de Ghinzu, sont passés à Taratata et ont joué en première partie de Muse en 2010. Ils jouaient certes à un public qui leur était déjà acquis, mais n’ont pas déçu ceux qui les découvraient. Leur son, également le résultat de nombreuses (bonnes) influences, était beaucoup plus rock que sur leurs albums (il y en a 3 : Electronic Jacuzzi, Blow, plus Mirror Mirror, et d’après un tweet récent du chanteur ils viennent de retourner en studio). Le chanteur, qui se fait appeler John Stargasm, est un fou charismatique qui finit par danser sur son clavier : une vraie bête de scène. Chaudement recommandé. Une fois de plus, on peut les retrouver sur MySpace et Facebook, ne vous privez pas, c’est que du bon.

Voici un clip de ce qui est sans doute leur chanson la plus connue. Pas leur morceau le plus connu, car vous avez sûrement entendu 21st Century Crooners à plusieurs reprises à la télé sans savoir que c’est d’eux. Ils ont aussi fait des musiques de film.