Les labos Boiron s’attaquent à un bloggeur italien

A partir de maintenant, il sera difficile pour les adeptes d’homéopathie de faire croire que leur manie préférée – à savoir: se gaver de petites boules de sucre et se tartiner de pommades – n’est pas une grosse affaire multinationale brassant des millions d’euros, toute comme les sociétés pharmaceutiques traditionnelles qu’ils aiment à dénigrer.

Les laboratoires Boiron viennent de s’en prendre, en se plaignant à son FAI, à un bloggeur italien qui a osé se moquer de l’efficacité du célèbre Oscillococcinum. En gros, il a fait remarquer qu’il n’y a aucun ingrédient actif dans ce produit. Ce qui, d’ailleurs, est tout à fait vrai. Voyons de quoi est fait ce « médicament » :

  • Extrait filtré de foie et de cœur d’Anas barbariae dynamisé à la 200ème K.
  • Excipients : saccharose, lactose.

q.s.p. 1 dose globule de 1g.

(du site Internet de Boiron France)

D’abord, c’est quoi Anas Barbariae ? Nom, ce n’est pas une plante, bien que la plupart des fans d’homéopathie soit convaincu que tout est « naturel » et à base de plantes. C’est un autre nom pour ceci :

muscovy duck

Il est connu également sous le nom de Cairina moschata, ou canard de Barbarie. Vous constaterez le manque total de feuillage. Bon, d’accord, c’est plus ou moins naturel, puisqu’il s’agit d’un être vivant. Alors, ce coin-coin, on lui prend son coeur et son foie, qu’on dynamise. Non, cela n’a rien à voir avec un courant électrique ; en homéopathie c’est une forme de dilution.

Et comment qu’on les dilue, ces organes de canard ?  On les dilue à 200K, c’est à dire,  on les met dans un récipient, puis :

  1. on vide le récipient
  2. on remplit le récipient d’eau pure
  3. on secoue vigoureusement

répété 200 fois. Comme souligne Wikipedia :

[si, en vidant le récipient, à chaque fois il reste 1% de la solution collée aux parois, alors] cela revient à rincer 200 fois un récipient avec de l’eau pure et en secouant très fortement à chaque rinçage.

Il n’y a, depuis la douzième dilution, plus aucune molécule active dans la préparation.

Pour ceux qui se demandent à quoi correspond la douzième dilution, c’est là où on arrive à la constante d’Avogadro. Au-delà de ce point, il n’y a pratiquement aucune chance que la moindre trace de canard reste dans le récipient. Et on continue à rincer joyeusement encore 188 fois ! Il ne reste même plus une molécule de l’eau du premier rinçage. Ni du centième d’ailleurs.

Ah, mais le principe de base (contredit maintes fois par la recherche depuis l’invention de cette croyance) de l’homéopathie est que l’eau a une mémoire ? Elle se souviendrait donc des organes du canard mais pas de ce que les poissons ont fait dedans. Bien. Et cette mémoire se transmettrait ensuite aux excipients, puisque les « globules » homéopathiques ayant été séchées elles ne peuvent être constituées que de saccharose et de lactose.

Bref, l’oscillococcinum n’est que du sucre avec un peu de lactose. Il n’y a aucun principe actif dans ce « remède ».

Ni, d’ailleurs, dans aucun produit homéopathétique.

Mais qu’est-ce que ça rapporte, ces boules de sucre !

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2 réflexions sur “Les labos Boiron s’attaquent à un bloggeur italien

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