Finalement, la France n’aurait rien à envier aux USA

Au moins, en ce qui concerne les politiciens de droite ignares et bigots. J’ai besoin de les nommer ? Pourtant ce sont toujours les mêmes. Cette fois-ci, c’est la reconnaissance de l’existence d’autre chose que le cis-genre et l’hétérosexualité, surtout devant les enfants. Dans l’article de Le Monde :

Dans une lettre au ministre, ils estiment que ces manuels de SVT (Sciences et vie de la Terre) de classe de première font référence à « la théorie du genre sexuel ». « Selon cette théorie, les personnes ne sont plus définies comme hommes et femmes mais comme pratiquants de certaines formes de sexualités : homosexuels, hétérosexuels, bisexuels, transsexuels », écrivent-ils. Il s’agit selon eux d’une « théorie philosophique et sociologique qui n’est pas scientifique, qui affirme que l’identité sexuelle est une construction culturelle ».

C’est pas mal d’avoir faux sur toute la ligne. Cela exige un certain talent. Personne ne nie qu’il existe des hommes et des femmes, même si en réalité les choses se compliquent quand on sait qu’il y a environ 20 combinaisons des chromosomes X et Y chez l’homme (l’espèce) et que les personnes intersexuées sont rares, mais néanmoins elles existent.

Non, ce qui fait tiquer ces charmants députés ultra conservateurs, c’est qu’on parle de l’homosexualité et des identités transgenres aux enfants. D’ailleurs, dans la tête de ces défenseurs de la morale les homosexuels recrutent, comme une armée, au lieu de naître. On pratique l’homosexualité comme on pratiquerait une religion ou un sport. Si, si. Les personnes transgenre sont des malades mentaux (ce que, hélas, dit aussi le DSM IV ; on espère que ce ne sera plus le cas dans le DSM V, la science ayant pas mal progressé sur ce point).

Est-ce que nous voyons là la première vague de l’équivalent francophone du tristement célèbre « Don’t say gay » (« Ne dites pas homo ») de l’état du Texas ?

Juste pour l’anecdote, voici un passage du manuel en question, que ces députés citent dans leur lettre au ministre de l’Education Nationale :

Le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle mais ce n’est pas pour autant que nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin. Cette identité sexuelle, construite tout au long de notre vie, dans une interaction constante entre le biologique et contexte socio-culturel, est pourtant décisive dans notre positionnement par rapport à l’autre

Et c’est une théorie tout à fait testée et prouvée. Depuis de longues années.

Articles dans Libé et Le Point (avec quelques noms, je vous avais bien dit que ce sont toujours les mêmes).

Voir aussi le magazine LGBT Têtu, qui suivra certainement cette affaire de près.