Quand les hommes débatent sur l’avenir des femmes

Deutsch: Symbol der Frauenpower (Geballte Faus...
Réveil ce matin, comme chaque matin,  avec France Infos dans mes oreilles. Il y avait un débat sur la parité hommes-femmes en politique et dans les conseils d’administration. Avec uniquement des hommes. Malaise.

Mais pas totalement sans intérêt : au contraire. Car de plus en plus hommes se sentent suffisamment bien dans leur tête pour ne plus avoir à rabaisser les femmes pour affirmer leur propre virilité – ce qui, entre parenthèse, n’était pas le cas du petit con dans le train entre Carcassonne et Toulouse lundi matin, qui s’est fait expliquer qu’il n’était totalement pas en règle par une très courtoise, charmant et souriante contrôleuse et qui s’est comporté de façon inexcusablement agressive envers elle. J’ai particulièrement apprécié son commentaire à haut voix en partant : « j’aurais dû lui cracher à la gueule ».

Mais passons. Revenons au débat à la radio.

J’ignore qui y a participé, et à la rigueur leurs noms importent peu : ce sont leurs propos qui m’ont frappé. Plus d’un faisait remarquer que la sous-représentation féminine dans les endroits où se prennent les décisions les gênaient. De plus, le public leur reprochait souvent vivement cette situation. En tant que journalistes, on ne peut espérer que d’avoir souvent recours à un expert masculin pour parler d’un sujet avant tout féminin (notamment dans le domaine médical) finira par les gêner tellement qu’ils arrêteront de le faire. Ou commenceront à inviter également des femmes proctologues ou sexologues pour parler du corps et de la sexualité masculine, aussi bien que sur des sujets plus universels.

Il y a quand même un imbécile qui semblait contre une parité forcée et qui a sorti cette phrase ahurissante : « Mais est-ce que les femmes font la politique différemment des hommes ? »

Qu’est-ce qu’on en a foutre? Ce n’est pas parce qu’une femme pourrait avoir le même avis qu’un homme sur un sujet qu’il vaut mieux maintenir le status quo et laisser les hommes décider avant tout. Ce n’est pas parce qu’un homme pourrait être du même avis qu’une femme qu’il faudrait le laisser décider de tout à sa place.

Ce n’est certainement pas aux hommes de décider de ce qu’une femme pourra faire de son corps, de son éducation, ni de l’obliger à accepter un statut social inférior où le moindre puceau ignare peut se sentir autorisé à dire qu’il aurait dû lui cracher à la gueule.

Est-ce que les femmes font la politique différemment des hommes? Quelle que soit la réponse – et franchement, je m’en tape complètement – ce n’est qu’un argument de plus pour ne pas exclure de fait la moitié de la population de la prise de décisions.

D’autant plus que les pays où la parité est de mise sont de loin les plus prospères sous bien des égards.