Quand les nanards se révelent être de l’art

Il semblerait que mon bon ami Rolf a trouvé un site qui sort de l’ordinaire:

Voilà un site qui mérite amplement que l’on s’y penche … pas trop près vous allez tombeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeer ! Un site sur un style cinématographique ignoré par trop de monde : le nANARD … avec un n minuscule.

WWW.nanarland.COM

Attention, pour ce site il vous faut : une carte son, et du temps … BEAUCOUP de temps. Déjà, la page de garde vous met dans le bain avec une réplique de Chuck Norris qui va bien ! Ce site regorge de phrases à la con, de dialogues pitoyables, de jaquettes de film à faire frémir, d’acteurs inoubliés (inoubliables ? ouais aussi !)

En cadeau bonus, deux minisites ultra spécialisés :

Les films nanard ninja Turkish star wars et Doc Savage : l’homme de bronze

Ce site est bien entendu à prendre au 15eme degré, et à savourer sans modération !

Van Damme n’est plus seul, on l’a mis en boite avec plein de petits camarades tout aussi drôles.

(Cette info date de 2005 mais le site est toujours aussi marrant)

Le Chat du Rabbin

Adapté par Joann Sfar à partir de ses propres BD, comme on pourrait s’attendre ce film est très fidèle à l’oeuvre d’origine. La première chose qui nous frappe, comme pour les BD, c’est la beauté et simplicité du trait : personnages et paysages sont dessinés avec amour et à la main. CGI ? Pas ici. Regardez de près, il y a souvent un incroyable détail là où d’autres dessins animés ont opté pour la simplification. Les couleurs sont celles des souvenirs d’enfance, transposés dans l’Algérie des années 1920. Mais on savait déjà que Sfar est un des grands de la BD francophone.

Le scénario : si vous cherchez un film hollywoodien avec des poursuites en voiture, des personnages à la beauté physique peu naturelle et la coiffure toujours impeccable, et un scénario invraisemblable au dénouement clair et convenu: c’est tout raté. On peut souvent reprocher au cinéma français de faire des films aussi triviaux qu’Hollywood, l’action en moins. Le Chat du Rabbin manque certes d’action frénétique, mais il compense largement en poésie humaniste. Contrairement à ce qu’affirme Libération, le film n’est pas antireligieux : il est anti-intolérance. Il y a des personnages de bonne foi, croyants ou pas, et des personnages de mauvaise foi. Entre personnes de bonne foi on peut toujours s’entendre, même si la foi n’est pas la même. Avec les autres, c’est plus délicat.

Un dessin animé pour les grands, qui n’ont pas besoin de sensations fortes pour apprécier un spectacle soigné. Recommandé, mais ne croyez pas que cela vous dispense de la lecture des BD.

Site officiel de Joann Sfar

Astérix aux Jeux Olympiques – Film de Thomas Langmann et Frédéric Forestier

Troisième adaptation de la célèbre série BD à l’écran avec de vrais acteurs, un casting aux petits oignons… On pourrait espérer de passer un bon moment.

Malheureusement, le film n’est pas à la hauteur des interprètes. Certes, Alain Delon est parfait en César hautain et mégalomane – son monologue devant son miroir est hilarant – Clovis Cornillac et Gérard Depardieu incarnent un Astérix et un Obélix sortis tout droit du dessin, et le duo Debbouze/Zidane est excellent. Mais pendant le reste du film on ne rit pas, au mieux on sourit. Certains passages, notamment ceux avec José Garcia, sont même franchement mauvais – et pour rendre José Garcia pas drôle quand il est censé l’être, c’est un exploit, y a pas à dire.

C’est comme si le scénariste avait parfait compris l’esprit des caméos dans Astérix, mais complément zappé sur l’importance d’un scénario. Et la touche de fantaisie un peu surréelle qui avait donné tout leur charme aux BD manque totalement. L’humour n’est pas lourd; il est simplement trop pieds-sur-terre, il ne s’envole quasiment jamais.

Ce film est la preuve qu’un mauvais chef peut rater sa recette même quand il a des ingrédients de qualité. Le meilleur des trois films, pour la réussite de l’humour tout en restant suffisamment fidèle à la BD d’origine, c’est de loin Astérix et Cléopatre.

Ave moi !

Les Simpson : le film

Quand Homer pollue gravement le lac de Springfield, une agence de protection de l’environnement décide de mettre la ville en quarantaine en l’isolant sous un énorme dôme. Les Springfieldiens, fous de rage, sont bien décidés à lyncher le coupable. Devant cette vague d’animosité, les Simpson n’ont d’autre choix que de fuir et de s’exiler en Alaska.

Le scénario est totalement improbable, peu importe. Nous sommes au royaume de la caricature joyeuse à outrance, de la caricature sociale avec de la crème chantilly et une fraise tagada dessus.

C’est le seul film où il devrait être interdit de manger du popcorn et boire de la cola (ou pire : de l’eau) pendant qu’on le regarde. C’est un film à regarder en descendant de la mauvaise bière en canette et se gavant de donuts.

Comme la série télévisée, ce film épingle avec une joie et une férocité non dissimulées : la stupidité, la bigoterie, la pruderie, la paresse, la mesquinerie, et les Mensonges d’Etat. Entre autres.

Amateurs inconditionnels des films de Disney s’abstenir. Patriotes forcenés (américains ou français), idem. Quant à ceux qui confondent vulgarité et grossièreté : prenez vos calmants et allez vous reposer dans une pièce sombre.

Pour les autres, préparez-vous à rire de bon coeur, et à sortir du cinéma en chantant « Spider-cochon, Spider-cochon. Il sait marcher Sur le plafond… » Vous apprécierez les clins d’oeil aux films d’aventures et autres monuments de l’art cinématique, vous sentirez que les scénaristes et dessinateurs ont pleuré de bonheur devant la beauté des paysages de l’Alaska, vous ne vous ennuyerez pas jusqu’à la générique de fin (qu’il ne faut pas louper, Homer lui-même vous le dira).

Il ne reste plus qu’à espérer qu’en sortant du cinéma nous aurons tous oublié d’être cons. Ce qui est, après tout, le but du film.

Pirates de Caraïbes 3 : jusqu’au bout du ridicule

Jack Sparrow

Image via Wikipedia

Il dure 2h48, il y a Johnny Depp dedans, il y a plein d’effets spéciaux.

La seule idée derrière ce film semble être : prendre ce qui a fait le succès des deux premiers et en rajouter à outrance. Pratiquement toutes les scènes sont surchargées : de monde, de décors, d’images CGI, de cabotinage. On a l’impression de ne pas pouvoir bouger sans bousculer une vedette – si toutefois on arrive à les reconnaître sous leur maquillage, qui serait mieux à sa place dans un film de zombies. Les scènes d’action ne manquent pas, mais l’action ne remplace pas un bon scénario – chose dont ce film est totalement dépourvu. C’est une collection d’idées, dont pas mal auraient dû être coupées avant le montage final, et rien de plus.

On ressort tous les rôles principaux des films précédents, même s’il faut les faire revenir du royaume des morts. Erreur grossière : un peu de magie peut relever une histoire, telle une épice exotique, mais il faut savoir doser. Rajoutons une bonne couche de pseudo-mythologie grècque – Calypso était une nymphe pas une déesse, mais il y a fort à parier que le scénariste ne connaissait le nom que par le navire de Cousteau –  et marine, le tout très mal intégré, et on frise l’indigestion.

Les scènes d’action : ouais, bon, il y a plein de magnifiques cascades, des effets spéciaux en veux-tu en voilà, des explosions dans tous les sens. Hélas, quelqu’un a trouvé intelligent de parsemer le tout avec des gags à la Mr Bean ou Benny Hill. Pas de temps en temps, mais dans tous les combats. Ca casse le rythme en permanence, et jamais on n’accroche vraiment.

Les acteurs ne jouent pas, ils cabotinent. Certes, c’était déjà le cas pour le premier film, mais au moins dans celui-là ce cabotinage était bien maîtrisé et vu pour ce qu’il était : une pastiche des vieux films de pirates. Ici, on a plutôt l’impression qu’on essaye d’empêcher le public de se rendre compte de l’impalpabilité du scénario. Si je vous disais que la première scène avec Jack Sparrow semble long, très long, beaucoup trop long…

Les effets spéciaux ont sans doute coûté cher ; c’est dommage qu’ils ne soient pas particulièrement réussis, notamment à la fin, où on sent que même les techniciens avaient marre de bosser sur ce film trop long et surcapillotracté. Juste pour l’anecdote : si au début du 19e siècle le Royaume-Uni n’a affecté que 27 bâtiments à la défense du pays contre une flotte d’invasion franco-espagnole, pourquoi aurait-il envoyé au milieu du 18e siècle une centaine de navires de guerre (dont des 98-canons) contre quelques pirates de l’autre côté de l’océan ? Et depuis quand un navire amiral se bat en duel alors que le reste de la flotte ne fait rien? Quoi que, vu comme ils étaient en rangs serrés, pour manoeuvrer c’était complètement raté.

Franchement, mieux vaut dépenser l’argent de la place de cinoche sur la location du DVD du premier film. Et lui dispose de surcroît d’une bonne BoF.